Pour l'heure, Saule s'était calmée. Enfin, en apparence. Elle avait sortit de sa poche une longueur de feutre et des plumes. Puis des aiguilles. En voyant cela, les plus vieux habitués avaient courbé la tête. Saule ne faisait jamais de couture, sauf si elle était vraiment inquiète. Et elle avait de bonnes raisons de s'inquiéter. Pendant que les ciseaux et l'aiguille s'agitaient sous les directives de sa baguette, elle ne pouvait s'empêcher de penser que, pour le troisième jour consécutif, le lit d'Enguerrand était resté vide. Il n'avait pas montré son nez à la taverne. Une si longue absence, ça ne pouvait pas être une fille. Saule ne pouvait s'empêcher de penser qu'un jeune homme encore inexpérimenté pouvait faire de bien mauvaises rencontres à Lutèce, et....
Tic tic tic, faisait l'aiguille. Très rapidement, l'ouvrage prenait forme. Saule préférait se concentrer dessus plutôt que de se laisser aller à ses sombres pensées. Bientôt, tout le monde put reconnaître un chapeau en feutre, doublé d'un élégant tissu roux à l'intérieur. Saule agita encore sa baguette, et les plus contenues dans un mouchoir sautèrent dans le trou restant entre le feutre et le tissus. Parfait. Mais la doublure était un peu légère. Saule aurait bien rajouté quelques plumes de duvet pour le rendre bien chaud. Et aussi, se dit-elle en fixant le ruban noir sur le tour du chapeau, une jolie plume blanche et rousse assez grande pour le décorer sur le côté. Mais comment faire pour se les procurer ? Saule jeta un regard songeur aux escaliers, comme si elle évaluait ses chances de rentrer en douce dans la chambre de Byrstrom, le nouveau locataire, pour plumer partiellement son pigeon en douce.





