La salle était pratiquement comble en ces fatidiques 17h, Tea Time pour les intimes...
Cerné par une armée de vieilles dames qui se retrouvaient là tous les jours de la semaine, ou presque, à une heure consacrée, Matthew se sentit particulièrment à l'aise.
Le genre de foule où personne d'inatendu ne vous tombera vraisemblablement dessus. Il était fondu dans la masse, et pourtant si discordant. Car, du haut de ses 22 ans, Mata faisait considérablement baisser la moyenne d'âge et les centres de préoccupation de la salle.
"-Et la petite de Saveur qui a épousé ce bon à rien de Cuilleracafée...."
"-Sans parler de..." regards ça et là pour jauger de la qualité de l'auditoire "Enfin... Seulement deux générations, vous comprenez..."
"-Non, vraiment, un vrai drame, on ne sais plus où tout cela va s'arrêter... De mon temps, c'étaient les Griffons ou Malebrumes qui tranchaient..."
"-Ah, toute une époque..."
Sourire en coin, il se rendit bien compte que plus personne ne faisait attention à lui.
Lors de son entrée, il avait intercepté des regards curieux, critiques, quant à sa tenue et plus particulièrment ses cheveux...
Il avait réglé cela en leur envoyant un sourire charmeur cent pour cent travaillé avec ses nombreuses grand tantes, puis commandé son habituel Thé au Chèvrefeuilles (les mamies aimaient que l'on commande celui-là).
Et maintenant, il se versait une rasade généreuse de Whisky du clan MacTavish (les voisins des Cameron de l'ouest, ceux qui ne peuvent pas sentir les MacKay malgré leurs 150 km d'écart) dans la tasse sus-citée.
Ceci fait, il posa sur la table 3 journaux locaux, remballant son bloc-notes où l'histoire de la jeune de Saveur était consignée (vous voulez connaitre l'état d'une ville, écoutez ses anciens...).
Il s'était fait jeter deux jour plus tôt de sa chambre d'étudiant rue Margarine pour avoir osé suggérer qu'on laisse jouer son voisin de pallier jusqu'à 2 heures du matin (et Gaspard avait un doigté en or...).
Mais voilà, à force de donner raison à la musique, il se retrouvait là, à consulter différentes propositions de logement peu cher au milieu de ses mamies préférées...
Armé d'un stabylo moldu (des crayons moldus particulièrement pratiques, si l'on pensait à utiliser leurs stylos "Bic" et non la plume), il partit à l'assaut, sans même consulter les Unes.










